Benkirane persiste et signe, ses détracteurs aussi

Le chef du gouvernement et son parti sont unanimes: l’enseignement en darija serait un danger pour l’identité nationale. Le débat est relancé.

Le débat sur l’enseignement en darija est reparti de plus belle, en témoigne le récent bras de fer entre les PJDistes et les pro-darija. Le 22 février dernier, le PJD a ainsi publié un communiqué dans lequel il préconise de « sauvegarder la souveraineté linguistique (de l’arabe, ndlr), la langue étant non seulement un canal de communication et d’accès au savoir, mais aussi un pilier essentiel de la construction de l’identité d’un peuple et de son appartenance civilisationnelle ».

Le parti de la lampe émet ces recommandations juste après la finalisation du rapport du Conseil supérieur de l’éducation adressé au roi. Parmi les grandes mesures préconisées par le rapport, figure l’adoption de la darija comme langue d’enseignement du préscolaire.

Un impératif national

Le PJD plaide ainsi pour la revalorisation des deux langues officielles, « ce qui suppose la prise en considération de l’arabe comme langue de l’enseignement, et ce, à toutes les étapes du parcours scolaire et universitaire … Il s’agit d’un impératif national », ajoute le communiqué qui précise que « la promotion des langues étrangères dans le cursus scolaire ne signifie nullement la remise en cause de la langue officielle actuelle. Il faut en cela rejeter tous les appels voulant l’introduction du dialectal et l’adoption de la darija. Le but de ces appels n’est autre que de cerner les deux langues officielles et de favoriser la domination des langues étrangères ».

Le 14 février dernier, le chef du gouvernement Adelilah Benkirane avait parlé de «ligne rouge a ne pas dépasser» concernant la darija dans les manuels scolaires, voyant cette proposition comme une atteinte à l’identité nationale et à la langue arabe.

Faux problèmes

Dans un entretien accordé au quotidien Akhbar Al Youm, Nourredine Ayouch, fervent défenseur de la Darija et membre du Conseil supérieur de l’éducation a préféré recentrer le débat sur «la qualité de l’enseignement qui doit être améliorée». Evoquant de faux problèmes, Ayouch veut s’attaquer à la «racine de l’enseignement» et veut surtout éviter de tomber dans des querelles sans fondement. Sollicité par de nombreux médias sur la question, il a donc choisi de ne pas alimenter la polémique.

Rappelons qu’en 2013, Nourredine Ayouch, président du Centre de la Promotion de la Darija, déclarait qu’il fallait introduire la darija dans l’enseignement : «Elle doit être enseignée à l’école et être la langue d’enseignement, dès les premières classes jusqu’aux bancs de l’université. Il ne faut pas se voiler la face. Il existe une réalité. Au Maroc, on apprend à l’enfant l’arabe classique, le français et l’anglais à l’école, la darija à la maison. Le pauvre ne sait plus quoi apprendre. Il est perdu», avait prévenu Nourredine Ayouch en précisant : «Nous ne sommes pas contre la langue arabe classique. Nous voulons uniquement l’éclosion de la darija. Nous voulons que les deux langues existent en parfaite harmonie».

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