Une bactérie mortelle s’échappe d’un laboratoire en Louisiane: un cas inédit et inquiétant

Une bactérie mortelle considérée comme une arme de bioterrorisme est sortie d’un laboratoire américain. Le bacille de Whitmore ou Burkholderia pseudomallei a contaminé quatre singes et une femme. Ousmane Traore, médecin hygiéniste microbiologiste au CHU de Clermont-Ferrand, est surpris par cette catastrophe rarissime survenue dans un laboratoire qui cumulait les risques.

5531425383867

Une arme de bioterrorisme

Ce n’est pas anodin, cette bactérie est considérée comme une arme de bioterrorisme. Sa sortie d’un laboratoire américain spécialisé est préoccupante.

D’autant plus que c’est un cas rarissime. Depuis l’histoire des attaques par des enveloppes contaminées au bacille du charbon en 2001 aux Etats-Unis, je n’ai pas entendu parler une seule fois de la fuite hors d’un laboratoire de ce genre de micro-organisme.

Les spécialistes habilités à la manipuler sont extrêmement peu nombreux et ils se soumettent à des consignes d’hygiène et de sécurité particulièrement strictes. Du moins en France, où la législation a été largement renforcée surtout depuis les alertes liées au bacille du charbon.

J’avais par exemple l’habitude de travailler avec une souche de poliovirus vaccinal. Je ne peux plus travailler avec, elle est considérée comme trop dangereuse pour mon laboratoire. C’est dommage parce que c’était un bon outil pour faire des recherches mais la sécurité doit prendre le dessus sur les recherches.

Autre exemple, depuis une réglementation datant de 2007, tous les travaux sur le bacille de la tuberculose doivent se faire dans un laboratoire de niveau de sécurité 3.

Le laboratoire cumulait les risques

Il existe quatre catégories de micro-organismes correspondant à quatre niveaux de sécurité pour les laboratoires. Je travaille exclusivement avec les catégories 1 et 2, qui représentent un risque faible à modéré. La bactérie qui s’est échappée du laboratoire de Louisiane appartient à la troisième catégorie.

La quatrième catégorie accueille des virus extrêmement contagieux et dangereux et elle est soumise à une réglementation encore plus stricte. Ebola, par exemple, rentre dans cette catégorie.

En France, il n’existe qu’un seul laboratoire civil habilité à travailler avec cette catégorie 4. Je trouve cette fuite très surprenante. Même si apparemment, le laboratoire en question cumulait les risques.

Quatre singe contaminés

La bactérie aurait contaminé quatre singes lors d’une visite chez le vétérinaire de ce complexe américain. Pourtant, impossible pour les responsables de remonter à l’origine de la contamination. Il s’agit d’une bactérie qui survit aisément dans le sol et l’eau, c’est donc une source de contamination possible.

Ce serait quand même surprenant puisque dans les laboratoires de type 3 ou 4, la gestion de l’eau et de l’entretien des surfaces est extrêmement encadrée. En effet, pour éviter tout risque de contamination, les laboratoires qui étudient ces bactéries ou virus ont des approvisionnements en eaux déconnectés des réseaux, et tous les rejets sont inactivés ou interdits.

Mais ce n’est pas tout, les biologistes sont protégés de la tête aux pieds et ils doivent passer par plusieurs sas avant d’accéder aux équipements de travail. Les déchets produits sont également détruits avec la plus grande rigueur. Il est donc rarissime que malgré toutes ces précautions nécessaires un accident de ce genre survienne.

Pas de panique

C’est le mode de transmission de la bactérie mortelle Burkholderia pseudomallei qui est plus préoccupant que ses effets sur le corps humain. Cette bactérie est extrêmement pathogène, c’est-à-dire que son pouvoir de virulence est grand et elle survit partout, aussi bien dans les sols, que dans l’air ou l’eau. Même si elle est plus fréquente en Asie du sud-est et en Australie qu’en Europe, elle est capable de provoquer des épidémies.

Cependant il ne faut pas paniquer, aujourd’hui nous avons les moyens de soigner les personnes infectés grâce à des antibiotiques. Avec un traitement adapté pris à temps, le patient guérit le plus souvent même si comme pour beaucoup de maladies infectieuses, le risque d’issue fatale chez les personnes les plus fragiles demeure.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s