UNE VIDÉO FAIT TOMBER DEUX FONCTIONNAIRES

Le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Marrakech a ordonné l’incarcération de deux fonctionnaires du Conseil municipal à la prison Boulemharez pour chantage et extorsion. Un commerçant est derrière l’éclatement de cette affaire.

corruption-2013-07-12

Mercredi dernier, deux fonctionnaires du service des recettes du Conseil municipal de Marrakech ont été emprisonnés. En février 2015, ils avaient extorqué 12.000 DH à un commerçant à Hay Al Massira au quartier des Habous dans l’arrondissement de la Menara pour fermer les yeux sur son occupation illégale du domaine public. Ils ignoraient que le commerçant était en train de les enregistrer avec une caméra vidéo fixée dans son magasin. L’information fait partie de la  Une du quotidien Al Akhbar, qui précise qu’après s’être rendu compte qu’il aurait payé seulement 4.000 DH s’il avait respecté la procédure légale, le commerçant s’est plaint oralement aux responsables municipaux. Al Akhbar souligne que le plaignant a présenté une copie de la vidéo enregistrée. Pris la main dans le sac, les deux fonctionnaires ont menacé de dévoiler tous les dysfonctionnements dans le service des recettes.

Médiations sur fond de menaces

Du coup, plusieurs personnes sont intervenues pour étouffer l’affaire et faire pression sur le commerçant pour qu’elle n’atterrisse pas devant les juges. Ces personnes ont réussi à convaincre le commerçant de retirer sa plainte contre le paiement des redevances dues au titre de l’occupation du domaine public par les deux fonctionnaires. Pourtant, ces derniers n’ont pas tenu parole et n’ont payé que les redevances d’une année. La victime a réalisé qu’elle devait encore trois années de redevances à la municipalité. Parallèlement à cette course contre la montre pour fermer le dossier, le parquet est entré en ligne et a demandé à la police judiciaire de mener des investigations. Après avoir vainement convoqué les deux fonctionnaires, la police a effectué une visite à la mi-mars pour les interroger sur l’accusation de corruption et recueillir les propos du chef du service des recettes. Un responsable municipal a affirmé à Al Akhbar que le commerçant a refusé de déposer une plainte écrite et s’est contenté de le faire oralement. «Nous lui avons demandé de présenter une plainte écrite pour permettre au Conseil municipal de saisir la justice mais il a refusé et, à la fin, il ne voulait même plus nous répondre au téléphone», a indiqué la même source. Le secrétariat général du Conseil municipal avait exigé une demande d’explications aux deux fonctionnaires avant qu’il ne soit pris de court par le parquet. Dans les collectivités locales, certains fonctionnaires transforment certaines prérogatives en mécanismes de rente et d’enrichissement illicite. La mission de service public n’a de valeur ajoutée que si elle va de pair avec un certain civisme.

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